Améliorer le projet du PEA à l’étude de faisabilité

L’analyse des variantes de réalisation du projet Whabouchi a été réalisée en deux temps. Ainsi, à l’étape de l’étude économique préliminaire (PEA) publiée en février 2013, diverses variantes ont été considérées par Nemaska Lithium, lesquelles ont été décrites dans l’étude d’impact environnemental et social (ÉIES) déposée en avril 2013.

Puis, à la lumière des commentaires et préoccupations soulevées lors des consultations tenues suite au dépôt de l’ÉIES, une nouvelle analyse du projet a été réalisée dans le cadre de l’étude de faisabilité (FS) afin d’optimiser celui-ci tant des points de vue technique et économique qu’environnemental et social. Les variantes étudiées concernaient notamment la halde à stériles et à résidus miniers, la localisation des bassins de sédimentation et les effluents finaux qui leur étaient associés, soit les composantes de projet jugées les plus préoccupantes par les parties prenantes cries.

Dans le cadre de cette nouvelle analyse, il est apparu primordial pour Nemaska Lithium de :

  • Réduire le nombre d’infrastructures devant être construites;
  • Concentrer celles-ci à proximité du gisement;
  • Minimiser l’empreinte écologique du projet.

De plus, l’analyse des variantes de localisation des infrastructures minières a été guidée par une série de facteurs et critères à considérer, qui sont les suivants :

  • Plusieurs des infrastructures projetées dépendent de la localisation même du gisement (qui lui ne peut être déplacé);
  • La présence de nombreuses contraintes naturelles et physiques telles les lacs des Montagnes et du Spodumène, la Route du Nord ainsi que la ligne de transport d’électricité à 735 kV;
  • Diverses autres contraintes comme par exemple, la topographie, les dépôts de surface, l’hydrographie, les milieux humides, les habitats fauniques, l’utilisation du territoire, l’approvisionnement en eau, les ressources et zones de potentiel archéologiques, certains éléments liés à la santé et la sécurité, etc.;
  • Des considérations techniques telles le respect de pentes sécuritaires dans la conception de la fosse ou de distances séparatrices minimales avec les zones de dynamitage.

EAConséquemment, afin de répondre à ces préoccupations, il a été décidé de revoir entièrement la localisation de toutes les haldes, bassins et effluents de manière notamment à les éloigner du lac des Montagnes.  Du même coup, d’autres modifications ont été apportées au projet afin d’éviter la perte de milieux humides, n’avoir qu’un seul effluent final au sens de la Directive 019, réduire l’impact visuel associé à la halde à stériles et résidus miniers pour les utilisateurs du territoire et des camps cris voisins ainsi qu’afin d’éviter toute déviation de la Route du Nord et ainsi conserver son tracé actuel.

De plus, bien que du PEA à la FS la durée de vie projetée de la mine soit passée de 19 à 26 ans, les efforts d’optimisation déployés par Nemaska Lithium et ses consultants ont permis de réduire l’empreinte du projet. La réduction de 11 % de l’empreinte de la fosse découle essentiellement du fait que le projet préconise dorénavant une exploitation par voie souterraine à partir de l’année 21 et que les infrastructures requises pour ce faire seront entièrement situées à l’intérieur des limites de la fosse à ciel ouvert.

Le plan de gestion des eaux initialement conçu à l’étape du PEA et présenté dans l’ÉIES (avril 2013) a été significativement revu et optimisé dans le cadre de l’étude de faisabilité. Cette nouvelle version du plan  a été élaborée de manière à prévenir et minimiser les impacts potentiels sur la quantité et la qualité des eaux de surface et souterraines dans l’aire d’étude du projet.

Entre autres modifications, un seul effluent final – au sens de la Directive 019 – est désormais prévu à la sortie du bassin d’eau d’exhaure (ou bassin d’eau de mine) situé au sud-ouest de la fosse. Ce bassin se déversera dans le lac des Montagnes via une conduite subaquatique, et ce alors que l’effluent respectera l’ensemble des critères de qualité des eaux applicables. Une modélisation du panache de dispersion et de la qualité de l’effluent minier a été réalisée par WSP Canada Inc. et Roche Ltée afin de s’assurer que le plan de gestion proposé est adéquat et permet le respect complet des critères de qualité des eaux provinciaux et fédéraux.

Sept bassins de collecte seront aménagés aux principaux points bas autour des deux cellules (une par phase) composant la halde à stériles et résidus miniers ainsi qu’autour de l’aire du garage, de l’usine, de la halde de minerai temporaire et de la halde de mort-terrain. Les eaux de ruissellement de ces secteurs seront recueillies au moyen de fossés mis en place en périphérie de ces installations. Ceux-ci récolteront les eaux de ruissellement de ces secteurs, étant alimentés par les fossés périphériques qui seront mis en place. Toutes ces eaux seront ultimement acheminées vers un dernier bassin de rétention situé au sud‑ouest de la halde à stériles et résidus miniers.

Depuis l’exutoire de cet ultime bassin, une conduite redirigera les eaux vers le bassin d’eau d’exhaure construit au sud-ouest de la fosse. Celui-ci recueillera aussi les eaux de mine (maintien à sec), c’est‑à‑dire les eaux souterraines qui s’infiltreront dans la fosse et les eaux de pluie/fonte sur l’empreinte de la fosse. L’exutoire de ce dernier bassin, l’effluent final, sera dirigé via une conduite en surface vers le lac des Montagnes. Avant d’atteindre la rive, la conduite sera enfouie sur près de 100 m afin de limiter l’impact visuel pour les utilisateurs du lac des Montagnes. Le site de rejet dans le lac se situera là où le débit naturel et la profondeur d’eau favorisent la dispersion de l’effluent. Une modélisation du panache de dispersion de l’effluent a été complétée à l’automne 2014 et est actuellement mise à jour afin de préciser la position du site de rejet et le potentiel de dispersion.

Les eaux de procédé seront entièrement recyclées ou recirculées et aucun rejet de ces eaux dans l’environnement n’est prévu, et ce principalement en raison du mode de gestion des résidus miniers préconisé, lequel vise la production de résidus filtrés non saturés en eau (9 % d’humidité). Une source d’approvisionnement d’appoint (puits d’alimentation en eau fraîche) sera requise pour combler les besoins minimaux au concentrateur (mélange des réactifs, étanchéité des pompes).

Les eaux de ruissellement provenant de l’extérieur du site minier seront déviées afin d’éviter tout contact avec les installations minières. Les eaux ruisselant ailleurs sur le site minier (chemins) seront collectées et dirigées vers des bassins de sédimentation avant leur rejet dans l’environnement de manière à permettre la déposition préalable des matières en suspension.

Les critères de conception présentés dans la Directive 019 pour le réseau de drainage des aires d’accumulation sans retenue d’eau seront dans tous les cas respectés, sinon dépassés. En effet, les réseaux de collecte des eaux de ruissellement (fossés, bassins) ont été conçus de façon à évacuer adéquatement une crue de récurrence 1:1 000 ans, si ce n’est plus dans certains cas. Une telle capacité inclut dans tous les cas une revanche minimale de 1,0 m pour tous les bassins.

En ce qui a trait à la gestion des résidus miniers, les meilleures technologies économiquement et techniquement disponibles ont été intégrées lors de la conception du projet, ce qui a résulté en la production de résidus miniers filtrés et qui seront co-disposés avec les stériles miniers sur une aire d’accumulation dédiée. Cette méthode est associée à de nombreux avantages tel que précisé dans le document intitulé « Report on Mount Polley Tailings Storage Facility Breach » et publié en janvier 2015 par le Mount Polley Independent Expert Engineering Investigation and Review Panel.  En effet, la production de résidus miniers filtrés, tout particulièrement lorsque cogérés avec les stériles miniers, est généralement associée aux avantages techniques et environnementaux suivants, lesquels contrebalancent aisément les coûts normalement plus élevés qui sont associés à leur production :

  • Taux élevé de réutilisation de l’eau de procédé à l’intérieur même du concentrateur;
  • Taux élevé de réutilisation des réactifs au sein même du procédé de traitement;
  • Diminution significative du risque de fuite ou de perte (ex. suite au bris d’une conduite ou au travers des digues) et donc du risque d’incident environnemental;
  • Élimination du recours à la construction de digues pour confiner les résidus et donc élimination du risque de bris;
  • Les résidus filtrés peuvent être compactés et/ou étalés une fois déposés au site d’entreposage ultime, ce qui rend plus aisée leur co-disposition avec les stériles;
  • Les résidus filtrés sont stables géotechniquement et peuvent donc être déposés plus en hauteur et avec des pentes plus prononcées, ce qui limite l’empreinte au sol de ces haldes;
  • Les résidus filtrés peuvent être restaurés de manière progressive, c.-à-d. avant la fermeture de la mine, alors qu’elle est encore en opération;
  • Diminution significative de l’empreinte totale du projet par la co-disposition des résidus miniers avec les stériles.

Les modifications apportées au projet dans le cadre de l’étude de faisabilité ont permis de réduire significativement l’empreinte physique du projet Whabouchi. Les superficies des milieux terrestres et de milieux humides qui seront impactées par les divers aménagements de la mine et conséquemment perdus lors de la phase de construction du projet sont respectivement de 147,89 et 7,38 ha. La vaste majorité du milieu terrestre impacté, soit plus de 80 %, est occupée par le brûlis récent.

Les modifications apportées à la disposition prévue des infrastructures de la mine dans le cadre de l’étude de faisabilité ont donc permis d’éviter la perte de 53,51 ha de milieux terrestres et humides. Ainsi, l’impact direct du projet sur ces milieux a diminué de 25 %.

Étant donné l’abondance et le caractère commun à l’échelle régionale des peuplements recensés au sein de l’aire d’étude, les pertes encourues n’auront pas d’impact significatif sur la richesse végétale spécifique que ce soit à l’échelle locale ou régionale.

De plus, maintes mesures d’atténuation ont été retenues afin de minimiser l’impact du projet sur ces milieux, entre autres le balisement intégral des aires au sein desquelles les activités projetées seront permises et la réduction au minimum requis du déboisement du site. L’ensemble du site sera par ailleurs revégétalisé à la fermeture de la mine de sorte que des habitats formés d’espèces indigènes seront rapidement présents sur le site. Un suivi agronomique  des activités de revégétalisation sera mis en place afin de s’assurer de leur efficacité.

Finalement, il importe de noter que, conformément à la Loi concernant des mesures de compensation pour la réalisation de projets affectant un milieu humide ou hydrique, les pertes de milieux humides associées au projet Whabouchi seront compensées suite à la mise en œuvre d’un plan de compensation approuvé par le MDDELCC. À l’heure actuelle, des démarches ont été entreprises afin que ce plan inclue le financement d’un programme de recherche scientifique dédié à l’acquisition de connaissances sur la valeur écologique (environnementale et sociale) des tourbières boréales des Basses-terres de la Jamésie. En plus de volets biogéochimique et hydrologique, ce programme inclut un volet dédié aux connaissances et usages traditionnels cris relatives à ce type de milieux humides. Nemaska Lithium agira à titre de partenaire industriel principal de ce projet de recherche, en collaboration avec Les Diamants Stornoway et d’autres partenaires. Le projet de recherche est en cours d’élaboration actuellement.

Les modifications apportées au projet dans le cadre de l’étude faisabilité font que, dorénavant, aucune infrastructure minière ne sera localisée dans un cours d’eau ou un plan d’eau considéré comme un habitat du poisson . En effet, grâce au travail d’optimisation du projet réalisé afin de réduire significativement l’empreinte de la mine, seul le lac 29 sera détruit par l’aménagement de la halde à stériles et résidus miniers; il importe toutefois de noter que les inventaires réalisés ont permis de démontrer que ce plan d’eau ne constitue pas un habitat du poisson. Cependant, ces pertes de milieux hydriques, estimées à 0,16 ha, seront compensées via un programme de compensation des milieux humiques et hydriques en vertu de la Loi concernant des mesures de compensation pour la réalisation de projets affectant un milieu humide ou hydrique du Québec.

Toutefois, la gestion des eaux de ruissellement et de drainage du site en phases de construction et d’exploitation est susceptible de modifier ponctuellement et de façon temporaire l’hydrologie de certains plans d’eau et cours d’eau (et par conséquent l’utilisation de l’habitat par le poisson).  Ces impacts s’additionnent à ceux générés par le maintien au sec de la fosse à ciel ouvert durant la phase d’exploitation. Les plans d’eau et cours d’eau qui sont les plus susceptibles d’être influencés par la réduction conjointe des apports en eau de surface et des apports en eau souterraine sont les lacs 2, 27 et 28 ainsi que les ruisseaux C et F. Les effets de la diminution des apports en eaux de surface seront davantage ressentis que ceux du rabattement de la nappe, lesquels sont considérés faibles. Afin de quantifier la superficie d’habitats du poisson potentiellement asséché, des relevés complémentaires ont été réalisés au cours de la période estivale 2014. Ces données ont de plus servi d’intrants à la modélisation du panache de dispersion de l’effluent dans le lac des Montagnes.

Ainsi, il est prévu que le projet Whabouchi occasionnera potentiellement des pertes indirectes d’habitat du poisson en zone littorale principalement dans les lacs 2, 27 et 28 et dans les ruisseaux C et F. La variation des niveaux d’eau estimée est faible et se trouve à l’intérieur de la zone de marnage naturel des lacs. Ainsi, les habitats pouvant potentiellement être influencés par l’abaissement du niveau d’eau ne sont mouillés que sur une très courte période et ils sont en partie déjà asséchés en conditions naturelles.

La modélisation du panache de dispersion de l’effluent minier a permis de confirmer le faible impact potentiel de l’effluent sur la qualité de l’eau dans ce lac. De plus, afin de valider l’évaluation de l’impact, un programme de suivi  de la qualité de l’eau dans le lac des Montagnes et de l’effluent est prévu, et ce conformément aux normes provinciales et fédérales applicables.

Afin de contrebalancer les pertes d’habitat du poisson occasionnées par le projet Whabouchi, un programme préliminaire de compensation a été élaboré. Ce programme de compensation préliminaire devra être analysé et discuté avec les parties prenantes – ce qui inclut la Nation crie de Nemaska, le Gouvernement de la Nation crie et les autorités provinciales et fédérales – afin de rencontrer les exigences et les objectifs de la Loi sur les pêches. Le programme final précisera le type d’interventions proposées  (aménagement de frayères, création d’abris et d’aires d’alimentation), la superficie des habitats aménagés, les espèces cibles, les sites envisagés, etc.

La majorité des impacts attribuables au projet Whabouchi seront ressentis uniquement dans les limites du terrain de trappage R20, et plus spécifiquement dans le secteur sud-ouest de ce terrain (ce qui inclut la partie nord du lac des Montagnes où se trouvent le Bible Camp et plusieurs campements utilisés par les Cris de Nemaska).

Afin de réduire les impacts du projet sur l’utilisation du territoire et des ressources, diverses mesures d’atténuation seront mises en place dont notamment les suivantes :

  • Afin d’éviter de perturber les activités de chasse à l’oie du printemps, la mine cessera toute activité d'extraction (dynamitage, empilement de roche sur la halde, etc.) pendant la période de la chasse à l'oie du printemps dite Goose Break;
  • Les utilisateurs cris du territoire seront tenus informés régulièrement du calendrier des activités minières pour faciliter la gestion et, au besoin, la réorganisation de leurs activités de récolte;
  • Les utilisateurs cris du territoire et les membres de la communauté seront tenus informés des résultats du suivi environnemental et seront consultés à intervalles réguliers sur leurs observations et recommandations relatives à la fréquentation du territoire affecté par les espèces fauniques d’intérêt;
  • De concert avec le maître de trappage du terrain de trappage R20, un programme de trappage du castor et de l’ours noir sera mis en place au besoin, avant le début des travaux de construction;
  • Les produits du déboisement, durant toutes les phases du projet, seront remis aux utilisateurs cris du territoire ou à la communauté de Nemaska;
  • Des mesures de protection seront prises pour assurer la sécurité des utilisateurs cris le long des circuits de motoneige qui pourraient être entravés par les activités de la mine. Une signalisation adéquate sera installée aux intersections pertinentes à proximité du site minier;
  • Poursuivre les discussions à propos du Bible Camp ainsi qu’avec les utilisateurs cris des campements dont la fréquentation sera affectée par les activités de la mine;
  • Si possible, assurer la disposition des matériaux sur la halde à stériles et résidus miniers de manière à limiter la propagation du bruit vers le Bible Camp;
  • Interdire les activités de prélèvement faunique (chasse, pêche et trappage) aux employés sur la propriété minière;
  • Mise en place d'un plan d’entretien des équipements afin d’éviter leur dégradation, et par le fait même l’augmentation du niveau sonore produit, ainsi que la réalisation des opérations les plus bruyantes en période de jour;
  • Assurer le bon état de fonctionnement de la machinerie lourde, des véhicules et des équipements (entretien adéquat); limiter la vitesse de circulation à 30 km/h sur le site du projet; épandre des abats-poussières autorisés par le MDDEFP ou de l’eau sur les chemins de service (incluant les rampes) lorsque nécessaire; et restaurer progressivement la halde à stériles et résidus miniers.

L’utilisation du territoire et des ressources fera l’objet d’un suivi  durant les phases de construction et d’exploitation de la mine Whabouchi. Conformément à ce que prévoit l’Entente Chinuchi, le suivi mettra surtout l’accent sur l’utilisation du terrain de trappage R20 et de ses ressources par le maître de trappage et les principaux utilisateurs.

Le projet minier Whabouchi vise la production d’un concentré de spodumène, lequel sera acheminé vers une usine hydrométallurgique située dans le sud du Québec, ou vendu à l’extérieur du Canada, pour production d’hydroxyde et de carbonate de lithium.

Le recours à un transport par conduite a été éliminé d’entrée de jeu puisque ce concentré aura une teneur en solides supérieure à 95 % et qu’il ne peut donc pas être pompé. Les seules autres options envisageables sont le transport par camion ou par train. Le site minier est adjacent à la Route du Nord, une infrastructure provinciale déjà utilisée pour le transport de marchandises et de machinerie lourde. Cette route, qui constitue le seul lien terrestre entre cette partie de la région du Nord-du-Québec et Chibougamau, rejoint la route 167 à environ 15 km au nord de cette dernière. Pour sa part, le Chemin de fer d’intérêt local du Nord du Québec (CFILNQ), opéré par le Canadien National (CN), s’arrête vers le nord à Chibougamau.

Afin de limiter l’empreinte écologique du projet Whabouchi, et par le fait même les coûts en infrastructures et les impacts environnementaux et sociaux, il a décidé de préconiser l’utilisation d’infrastructures existantes et opérationnelles en autant que celles-ci aient la capacité de répondre aux besoins du projet. La construction d’une voie ferrée entre le site de la mine et Chibougamau a donc rapidement été éliminée puisque les coûts de construction seraient trop importants et que les impacts environnementaux et sociaux seraient injustifiés considérant la faible quantité de matériel à transporter (extraction de 3 000 tpj de minerai et production de 595 tpj de concentré de spodumène). Conséquemment, il a été décidé de transporter tout d’abord le concentré de la mine vers Chibougamau par camion en utilisant l’actuelle Route du Nord, et ce sans qu’il soit nécessaire d’apporter des modifications à celle-ci.

Deux options ont aussi été considérées en ce qui a trait au transport par camion, soit le recours à des camions semi-remorques de 38 t, à raison de 16 voyages par jour, ou l’utilisation de camions d’une capacité de 100 t, ce qui nécessiterait quelque 6 voyages par jour. Afin d’éviter une augmentation du débit journalier moyen et un accroissement du pourcentage de véhicules lourds sur la Route du Nord, l’utilisation de camion de 100 t a été privilégiée.

Puisque ce type de camion n’est pas autorisé à circuler sur la route 167, ni dans le secteur urbanisé de Chibougamau, le concentré sera transporté par camion par la Route du Nord et ensuite par le chemin forestier R-1008 pour être mené au centre de transbordement régional projeté par la Ville de Chibougamau, laquelle se situe immédiatement au nord de Chibougamau. À cet endroit, la Ville de Chibougamau projette la mise en place d’un centre de transbordement régional, lequel Nemaska Lithium prévoit utiliser. Le déchargement des camions en provenance de la mine et le chargement des wagons du Canadien National (CN) seront complétés à ce site.

L’industrie minière fait face à un nombre croissant de défis que ce soit au niveau de l’exploration, de l’exploitation d’une mine ou de sa fermeture. Parmi ceux-ci figurent les défis associés à la fermeture et la restauration d’un site minier, phase qui, au cours des dernières années, a et continue d’attirer de plus en plus l’attention des législateurs, des autorités gouvernementales et de la population en général.

La Loi sur les mines du Québec permet aux compagnies minières depuis 1995 de soumettre au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) un plan de restauration minière pour approbation. Cette obligation découlant de la Loi a récemment été renforcée afin d’assurer un développement minier qui soit environnementalement et socialement acceptable.

Le gouvernement québécois a en effet adopté en août 2013 une version modifiée du Règlement sur les substances minérales autres que le pétrole, le gaz naturel et la saumure. Ce nouveau règlement impose une augmentation de la garantie financière qui passe ainsi de 70 % à 100 % de tous les coûts prévus en fermeture (elle n’est conséquemment plus simplement limitée aux aires d’accumulation) et établit un échéancier révisé pour le dépôt de la garantie, c’est-à-dire trois versements annuels : un premier versement de 50 % devant être remis dans les 90 jours suivant l’approbation du plan par le MRN, suivi d’un second et d’un troisième versement totalisant chacun 25 % du montant de la garantie. De plus, en décembre 2013, une nouvelle Loi sur les mines a été adoptée. Celle-ci oblige toute compagnie à faire approuver son plan de restauration avant qu’un bail ne lui soit attribué et donc que toute opération minière ne puisse débuter.

Nemaska Lithium a soumis son plan de restauration minière au MERN en 2015. Celui-ci a été élaboré par Roche Ltée en suivant les recommandations du document intitulé « Guide et modalités de préparation du plan et exigences générales en matière de restauration des sites miniers au Québec » élaboré par le MERN, lequel identifie spécifiquement les exigences auxquelles on doit se conformer lors de la restauration des sites, le contenu du plan et la marche à suivre pour faire approuver ce plan.

Les principaux objectifs de ce plan sont de remettre le site dans un état satisfaisant, c’est-à-dire : 1) éliminer les risques inacceptables pour la santé et assurer la sécurité des personnes; 2) limiter la production et la propagation de substances susceptibles de porter atteinte au milieu récepteur et, à long terme, viser à éliminer toute forme d’entretien et de suivi; 3) remettre le site dans un état visuellement acceptable pour la collectivité; 4) remettre le site des infrastructures dans un état compatible avec l’usage futur.